Cathy Aberdam et Vincent Meynier

CATHY
ABERDAM

VINCENT
MEYNIER

AUDREY
BRAMY

RAPHAËL
VALETTE

Audrey Bramy et Raphaël Valette
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Garantir la liberté de déplacement dans l’Hérault

Constat

Les élus socialistes ont depuis des années misé sur le tout voiture, réduisant les transports publics à leur strict minimum. Alors que la demande d’un service public de transport de qualité, aux amplitudes horaires larges et aux temps de parcours performants est toujours plus forte, la route continue d’engloutir 20% du budget d’investissement du département tous les ans.

En effet, plusieurs projets routiers démesurés prétendent répondre aux difficultés réelles rencontrées pour se déplacer sur certains secteurs : prolongements du LIEN au niveau de Vendargues (10 millions d’euros) et Grabels (entre 85 à 145 millions d’euros), déviation Est de Montpellier (70 millions d’euros) et, le plus important, le projet du COM – contournement Ouest de Montpellier (230 à 270 millions d’euros minimum).

De nombreuses études ont démontré que créer de nouvelles infrastructures routières ne permet pas de résoudre les problèmes de congestion du trafic routier. Au mieux, on obtient une légère amélioration les premières années mais rapidement le trafic induit par l’augmentation des capacités routières nous ramène à la case départ. Systématiquement, l’augmentation du nombre de routes amène une augmentation du trafic, ce qui crée plus de bouchons.

Notre proposition

Pour mettre fin aux bouchons dans l’Hérault, il faut s’attaquer au cœur du problème : diminuer le trafic sur nos routes. Six axes nous permettront de réduire la congestion routière :

  • Développer les alternatives au « seul en voiture » : transports en commun, covoiturage, télétravail et horaires décalés, voitures partagées, etc.
  • Multiplier les pôles d’échanges multimodaux afin de rediriger une partie du trafic vers les transports en communs des agglomérations et régionaux.
  • Encourager les modes de transports actifs (vélo, marche à pied) par le développement des infrastructures correspondantes et l’accompagnement des personnes.
  • Revoir la stratégie routière du département : mettre fin à un développement inconsidéré du réseau, stopper les grands projets inutiles du département, penser les routes dans une logique de diminution du trafic.
  • Mettre en œuvre des dispositifs de gestion intelligente du trafic issue de la mouvance des Smart Cities : régulation dynamique de la vitesse, VMS (Panneau à messages variables), etc.
  • Repenser le développement de l’habitat périurbain, relocaliser la production et la consommation pour diminuer le trafic de marchandises. (voir le livret développement économique).

Des transports en communs efficaces et une réelle intermodalité

Nous avons besoin de transports en commun efficaces si l’on veut que ceux-ci offrent la même liberté que celle que prétend nous offrir la voiture. Malheureusement, ceux-ci sont dans un état catastrophique et ne font preuve d’aucune ambition. Aujourd’hui, un habitant de Restinclières, s’il a le courage ou s’il est obligé de prendre le bus, met 35 minutes pour atteindre la station de Sablassou où il devra attendre 15 minutes le départ du tram qui le mènera très probablement vers une prochaine correspondance. Même avec les embouteillages, un automobiliste mettra deux fois moins de temps pour réaliser le même parcours. Ceci n’est pas acceptable.
Nous voulons que les services de transport sur le département soient revus. Il nous faut multiplier la continuité des lignes, entrantes et sortantes des villes pour éviter les correspondances (par exemple connecter les lignes de Saint-Drézéry à Montpellier et de Montpellier à Gigean pour éviter une correspondance si l’on doit aller travailler sur les zones commerciales de Saint-Jean-de-Védas). Il est également urgent d’augmenter les fréquences et les amplitudes horaires des bus pour rendre ce moyen de transport attractif. Enfin, nous installerons sur l’intégralité des bus du département des racks à vélo (comme cela se fait dans d’autres régions) pour permettre une réelle intermodalité et nous multiplierons les parkings à vélo sécurisés à proximité des arrêts de bus du réseau.

Les services et les lignes seront concentrés dans de véritables pôles d’échanges multimodaux qui permettront une interconnexion réelle entre les différents modes de transports. Des aires de covoiturage et des parkings relais y seront installés.Ces pôles seront connectés au réseau cyclable et offriront des services pour les cyclistes. Les horaires des bus seront calés sur ceux des trains, et les titres de transports permettront l’interconnexion entre les différents réseaux. L’exemple du syndicat mixte élargi du S.M.M.A.G. (Syndicat Mixte des Mobilités de l’Agglomération Grenobloise) nous montre qu’il est possible d’instaurer une réelle collaboration des collectivités au service des usagers.

Le département peut en effet porter des projets audacieux, en partenariat avec les agglomérations et la région, afin d’apporter des solutions durables pour les déplacements quotidiens des héraultais. Nous porterons par exemple la réouverture de la ligne de train entre Montpellier, Castries et Sommières. Cette ligne, fermée depuis 1970, dispose encore d’infrastructures existantes et pourra être remise en service pour un coût d’environ 200 millions d’euros. Un tram-train qui se raccordera à la ligne 2 de Montpellier permettra alors de rallier Montpellier en 10 minutes seulement depuis Castries.

Revoir la politique routière du département

Les routes ne doivent plus engloutir la majorité des crédits du département consacrés au transport. La politique routière menée jusqu’à présent a généré une grande dépendance à la voiture dont les premières victimes sont les habitantes et les habitants des zones périurbaines, qui perdent leur temps, leur argent et leur santé dans les embouteillages. Nous mettrons un coup d’arrêt à l’inflation des dépenses routières, pour réorienter ces dépenses vers les autres modes de transport plus efficaces qui enfin garantiront la liberté de déplacement.

Chaque modification de l’infrastructure routière sera systématiquement accompagnée de la création de voies cyclables et de cheminements piétons.
Les grands projets routiers inutiles du département (COM, DEM, LIEN) seront stoppés. Les routes seront pensées dans une logique de diminution du trafic. Les points noirs seront traités dans une logique de baisse du trafic à terme et en donnant la priorité à la recalibration des équipements et routes déjà existants.

Les modes de transports actifs

Les infrastructures créent l’usage. C’est pourquoi il est urgent de développer les vélo-routes et les services nécessaires à l’usage de modes de transports actifs en général, et du vélo en particulier, pour les besoins touristiques mais aussi pour l’usage quotidien. Le département mettra en place les dispositifs indispensables à une pratique sûre et efficace du vélo :

  • accompagnement des maîtres d’ouvrages pour construire un réseau cyclable global et continu ;
  • assurer la continuité des aménagements, des équipements, leur entretien et l’harmonisation de la signalisation ;
  • développement de stationnement vélo dans les gares, nœuds intermodaux, sécurisé, gratuit et à proximité immédiate ;
  • multiplier les stations de gonflage le long des parcours clés ;
  • systématiser les totems d’auto-réparation notamment dans les points d’échanges intermodaux.

Le département est un bon échelon pour garantir une cohérence d’ensemble sur le territoire en limitant les inégalités entre les collectivités locales et en encourageant la pratique du vélo en milieu rural. Grâce à la compétence de Solidarité réaffirmée par la loi NOTRe en 2015, le conseil départemental peut orchestrer les schémas locaux et garantir un maillage cyclable dense, cohérent et de qualité.

De plus, il est aussi nécessaire d’accompagner les usagers pour que la pratique du vélo soit accessible à toutes les classes sociales et tous les âges :

  • aides à l’achat de vélos mécaniques ou électriques (neufs ou d’occasion) et d’équipement de sécurité en fonction des revenus ;
  • location à tarification solidaire pour les allocataires du RSA et les personnes en situation de chômage de longue durée ;
  • prêt de vélos mécaniques pour les 18-25 ans en recherche d’emploi ou de formation ;
  • soutien des associations dans le développement de programmes solidaires d’initiation à la mécanique vélo pour personnes en situation de précarité et ainsi assurer l’autonomie des déplacements.

Afin de faciliter l’usage du vélo, nous soutiendrons les cyclistes en devenir, qu’ils soient primo-apprenants ou ayant besoin de reprendre confiance sur deux roues, avec :

  • la création de « vélo écoles » adultes pour permettre l’apprentissage du vélo au plus grand nombre, la formation et la réparation du matériel de cyclisme ;
  • la poursuite du Programme Savoir Rouler à vélo dans les collèges.

Il est important de soutenir les futurs cyclistes du département en transmettant la culture vélo dès le collège. Le vélo est un outil pédagogique par excellence pour remplir des missions d’éducation transversales. Nous proposerons dans les collèges :

  • sorties scolaires à vélo ;
  • apprentissage de la mécanique de base ;
  • apprentissage de la sécurité routière ;
  • sécurisation des accès aux collèges à vélo afin de favoriser l’autonomie des déplacements.

Les alternatives à l’auto-solisme

Aujourd’hui l’encombrement de nos routes est particulièrement accentué par une utilisation solitaire de la voiture. En effet, l’occupation moyenne d’une voiture est d’environ 1,5 personne en France. Donc la grande majorité des trajets est effectuée seul en voiture. Les trajets qui sont le plus sujets à l’auto-solisme étant les trajets domicile – travail, nous proposons de développer le covoiturage du quotidien en accompagnant techniquement les entreprises héraultaises à mettre en place un service de covoiturage pour ses salariés. Ce service de covoiturage pourra être déployé au niveau d’une ville ou d’une zone d’activité afin de maximiser son efficacité. Par ailleurs, le développement des hubs multimodaux facilitera aussi l’usage du covoiturage.

Afin de réduire le trafic routier, le département de l’Hérault accompagnera les entreprises au développement du télétravail pour les salariés qui le souhaitent. En effet, il n’est pas évident pour les entreprises de mettre en place un télétravail même partiel au sein de leur organisation. Il est nécessaire de revoir certains processus, mettre en place de nouveaux outils de communication interne et s’assurer de bonnes conditions de travail des salariés à leur domicile ou en espace de travail partagé.

Gestion intelligente du trafic

Certaines routes aujourd’hui engorgées pourraient être fluidifiées par une gestion intelligente du trafic. En effet, il existe en ensemble d’outils permettant d’améliorer la circulation à usage égal de l’infrastructure. Il s’agit par exemple de mettre en place un dispositif de régulation dynamique de la vitesse. Ce dispositif permet d’une part d’adapter la vitesse de circulation en fonction de la densité de trafic, ce qui permet de maximiser le flux de véhicules. Il peut aussi s’agir d’interdiction de dépasser pour les poids-lourds quand les conditions de circulation ne le permettent pas.
Un autre exemple est l’utilisation de VMS : Panneaux à message variables qui permet d’indiquer aux automobilistes des itinéraires de substitution plus efficaces que leur itinéraires actuels. Cet outil permettra par exemple de valoriser les pôles d’échanges multimodaux, et redirigera par exemple une partie du trafic de la D610 et de la N113 vers le pôle multimodal de la gare de Baillargues, redirigeant ainsi une partie du trafic routier vers le rail.

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